Une ambition ardente : les déchets peuvent-ils contribuer à résoudre l’équation énergétique ?
À mesure que notre empreinte s’étend sur la planète, nous sommes confrontés, en tant que société, à un double dilemme : l’excédent de déchets produits par nos foyers et nos industries et le manque d’énergie propre pour alimenter notre quotidien. Il apparaît de plus en plus que ces deux problèmes pourraient avoir une solution commune : le retraitement et la réutilisation des déchets par le biais de leur valorisation énergétique.
La population mondiale augmente rapidement, avec une progression de 0,8 % en 2025 pour atteindre 8,25 milliards de personnes[1]. Inévitablement, cette croissance démographique est directement corrélée à la quantité de déchets que nous produisons et à la quantité d’énergie que nous consommons collectivement.

Il y a seulement une dizaine d’années, nous produisions environ 2 milliards de tonnes de déchets municipaux, agricoles et industriels par an. D’ici à 2030, ce volume aura augmenté de plus d’un quart pour dépasser 2,5 milliards de tonnes. Une grande partie de ces déchets finit en décharge, où ils polluent les sols, contaminent les nappes phréatiques et produisent de puissants gaz à effet de serre tels que le méthane. Fait préoccupant, cette tendance ne montre aucun signe de ralentissement et, au milieu du siècle, le volume annuel de déchets dans le monde approchera 3,5 milliards de tonnes[2].
Outre les déchets qu’il génère, le mode de vie moderne est également très énergivore. Au début du siècle, nous consommions environ 13 000 TWh d’énergie par an. Depuis, cette consommation a plus que doublé pour atteindre environ 27 000 TWh. D’ici à 2050, les bâtiments, les usines, les systèmes de climatisation, les centres de données et les véhicules électriques feront encore progresser la consommation mondiale d’énergie, qui devrait atteindre 47 000 TWh[3].
La grande question est donc la suivante : la valorisation énergétique des déchets peut-elle contribuer à atténuer ces pressions concurrentes ?

Comment fonctionne la valorisation énergétique des déchets ?
Les systèmes de valorisation énergétique des déchets englobent plusieurs procédés reposant sur le traitement thermique. Ils produisent de l’électricité, du combustible ou de la chaleur à partir de matières qui, autrement, seraient laissées à se décomposer. Les principales technologies sont les suivantes[4] :
- Combustion : la combustion directe de déchets, généralement du papier, des plastiques et des textiles, produit de la chaleur avec un rendement énergétique compris entre 15 % et 27 %.
- Gazéification : les déchets courants, qu’il s’agisse d’emballages, de déchets de jardin, de meubles ou d’appareils, peuvent être mélangés à de l’oxygène ou à de la vapeur à haute température et transformés en gaz de synthèse. Celui-ci peut ensuite être converti en électricité ou utilisé pour produire des carburants destinés au transport, avec un rendement net pouvant atteindre 40 % à 50 %.
- Pyrolyse : les déchets organiques peuvent être décomposés thermiquement afin de transformer leurs chaînes organiques complexes en bio-huile, en biochar ou en gaz de synthèse, tout en captant et en préservant entre 60 % et 85 % de leur énergie initiale en vue de sa réutilisation.
- Digestion anaérobie : les déchets alimentaires et les produits d’origine animale peuvent être transformés en biogaz ou en engrais dans une enceinte dépourvue d’oxygène. À eux seuls, 5,5 millions de tonnes de déchets alimentaires permettraient de produire suffisamment d’énergie pour couvrir les besoins annuels en électricité d’environ 164 000 foyers moyens.
Surtout, la valorisation énergétique des déchets constitue une solution à fort impact et aux applications très diverses. Aux États-Unis, par exemple, environ 85 kilogrammes sur 100 kilogrammes de déchets solides sont considérés comme valorisables, ce qui représente un important potentiel de production d’électricité plus propre[5].

Comment le traitement thermique peut-il alimenter nos modes de vie modernes ?
Le traitement thermique, qui consiste à extraire l’énergie contenue dans les déchets physiques, est un processus en plusieurs étapes offrant des rendements énergétiques élevés et des avantages économiques mesurables.
Il commence par le tri des déchets afin d’en retirer les matières recyclables ou dangereuses. Les déchets restants sont ensuite soumis à des températures élevées, qui varient en fonction de la technologie utilisée :
- La combustion directe nécessite des températures pouvant atteindre 1 100 degrés afin de produire de la vapeur et d’actionner une turbine.
- La gazéification brûle les déchets à environ 800 degrés dans un environnement pauvre en oxygène afin de produire un gaz riche en hydrogène et en monoxyde de carbone.
- La pyrolyse s’effectue entre 450 et 800 degrés afin de décomposer thermiquement les matières en huile, en gaz ou en résidu carboné.
Quelle que soit la technologie employée, les produits résiduels tels que les cendres peuvent ensuite être récupérés et utilisés comme engrais, comme colorants textiles ou comme matières premières dans la construction.
Les systèmes de contrôle des émissions peuvent contribuer à réduire ou à compenser les sous-produits libérés pendant le traitement. De nouvelles technologies de filtration sont mises au point afin d’extraire le chlorure d’hydrogène, l’un des principaux facteurs des pluies acides corrosives, ainsi que les oxydes de soufre, nocifs pour les voies respiratoires, sans oublier diverses poussières et dioxines. Cette famille de technologies en rapide évolution comprend notamment des chambres de trempe, des atomiseurs rotatifs et des réacteurs catalytiques, qui permettent de réduire au minimum les polluants tout en maximisant le potentiel énergétique[6].
À quel rythme le secteur de la valorisation énergétique des déchets se développe-t-il ?
À l’heure actuelle, seuls 11 % environ des déchets produits dans le monde font l’objet d’un traitement thermique. Une part supplémentaire de 19 % est recyclée ou compostée, mais le reste connaît un sort bien moins productif. Environ 37 % des déchets sont mis en décharge et 33 % sont abandonnés à ciel ouvert, ce qui signifie que 70 % des déchets mondiaux sont laissés à se décomposer et que leur potentiel énergétique est gaspillé[7].

Avec une telle quantité de matières encore inexploitées et des technologies en constante évolution, le potentiel de croissance du secteur de la valorisation énergétique des déchets est immense. Évalué à 37,29 milliards USD en 2025, le marché devrait atteindre 38,88 milliards USD cette année, puis 51,68 milliards USD d’ici à 2034, soit un taux de croissance annuel composé de 3,62 %[8].
En 2025, la région Asie-Pacifique représentait près de la moitié du marché mondial de la valorisation énergétique des déchets
L’activité se concentre actuellement dans la région Asie-Pacifique, qui représentait près de la moitié, soit 48,24 %, du marché mondial de la valorisation énergétique des déchets en 2025. Cette prédominance géographique s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’urbanisation croissante, les investissements industriels et les politiques favorables mises en œuvre par de grandes économies telles que la Chine, l’Inde et le Japon.
La viabilité commerciale des projets de valorisation énergétique des déchets est stimulée par plusieurs tendances :
- Tri automatisé : l’évolution des capteurs et de la robotique signifie que les déchets peuvent désormais être identifiés et stratifiés avec une précision sans précédent.
- Nouveaux modèles de financement : les nouvelles infrastructures de traitement des déchets sont de plus en plus souvent financées par des partenariats public-privé, qui associent le poids législatif des organismes publics à la liberté financière des grandes entreprises.
- Soutien politique : les pays à la pointe de la transition vers la valorisation énergétique des déchets ont un point commun : un cadre législatif favorable. Le Danemark, par exemple, a progressivement augmenté les taxes sur la mise en décharge, confié aux autorités municipales la responsabilité du traitement des déchets et intégré les installations de traitement des déchets aux réseaux de chauffage. Le Japon a intégré des règles strictes de gestion des déchets à des normes plus générales de contrôle des émissions. La Chine a inscrit des objectifs nationaux et provinciaux ambitieux de gestion des déchets dans sa législation, tout en augmentant les investissements publics dans les infrastructures dédiées. Les pays de l’Union européenne sont quant à eux régis par la directive de l’Union européenne concernant la mise en décharge des déchets, par les normes relatives à l’incinération des déchets et par des textes législatifs favorisant les énergies renouvelables.
- Numérisation : grâce à des technologies intelligentes telles que SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition), qui assurent une surveillance des performances et une résolution des problèmes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, les installations de valorisation énergétique des déchets fonctionnent plus efficacement que jamais.
- Principes de l’économie circulaire : de plus en plus de gouvernements adoptent des stratégies visant à réduire les déchets, à remettre les matières en circulation et à régénérer la nature, notamment en simplifiant les procédures d’autorisation des projets ambitieux de valorisation énergétique des déchets.
Porté par une dynamique solide, le secteur voit se multiplier dans le monde des projets de valorisation énergétique des déchets dotés de budgets conséquents, qui démontrent la viabilité financière et environnementale de cette technologie en plein essor.
Quels sont les plus grands projets de valorisation énergétique des déchets au monde ?
La Suède s’est imposée comme un pôle d’innovation dans le domaine de la valorisation énergétique des déchets. Le pays compte plus de 30 installations distinctes qui, ensemble, fournissent de la chaleur à près de 1,5 million de logements et de l’électricité à 780 000 foyers[9]. Au total, ces installations produisent environ 17 TWh d’énergie par an[10].
Grâce à plusieurs décennies de politiques favorables et de campagnes de sensibilisation du public, moins de 1 % des déchets produits en Suède sont envoyés en décharge[11]. En revanche, environ 52 % des déchets sont incinérés afin de produire de l’énergie destinée à alimenter des logements, des bureaux et des infrastructures publiques. Les incinérateurs suédois de haute technologie sont si bien implantés que le pays importe chaque année 1,3 million de tonnes de déchets supplémentaires à traiter en provenance de pays tels que la Norvège, le Royaume-Uni et l’Irlande.
La Suède compte plus de 30 installations de valorisation énergétique des déchets qui, ensemble, fournissent de la chaleur à près de 1,5 million de logements et de l’électricité à 780 000 foyers
L’unité de valorisation énergétique avec cogénération de Mälarenergi à Västerås abrite, par exemple, l’une des plus grandes chaudières au monde alimentées par des déchets et traite chaque année environ 480 000 tonnes de déchets ménagers, de déchets industriels et de bois recyclé[12].

L’installation de valorisation énergétique des déchets de Renova, à Göteborg, traite environ 550 000 tonnes de déchets par an et fournit un tiers du chauffage urbain de la ville ainsi qu’environ 5 % de son électricité[13]. À Stockholm, le fournisseur d’énergie Exergi exploite l’une des centrales de cogénération les plus modernes d’Europe, qui alimente le sud de la capitale.
La valorisation énergétique des déchets connaît également un essor rapide ailleurs en Scandinavie. L’installation de Klemetsrud, à Oslo, en Norvège, traite environ 310 000 tonnes de déchets par an, avec une capacité de production de 114 MW, tout en ouvrant la voie aux technologies les plus récentes de captage du carbone afin de réduire les émissions. Au Danemark, la centrale de cogénération Amager Bakke, située à Copenhague et représentant un investissement de 670 millions USD, incinère environ 400 000 tonnes de déchets par an. Comptant parmi les usines d’incinération les plus propres au monde, elle est équipée de technologies de filtration qui réduisent les émissions de NOx de 95 % et éliminent presque entièrement les émissions de soufre[14].
Cependant, lorsqu’il s’agit d’installations de valorisation énergétique des déchets à la pointe de la technologie, tous les regards se tournent vers la région Asie-Pacifique.
- Dubai Waste Management Centre: plus grande unité de valorisation énergétique des déchets au monde, le Dubai Waste Management Centre a été construit pour un coût de 1,1 milliard USD et est exploité par Warsan Waste Management Company. Il peut transformer jusqu’à 45 % des déchets de l’émirat, soit 1,9 million de tonnes par an, en 200 MW d’électricité destinés à 120 000 foyers[15].
- Shenzhen Energy Ring : le Shenzhen Energy Ring, situé dans la province du Guangdong, dans le sud-est de la Chine, produit 1,2 milliard de kWh pour le réseau électrique de la ville en incinérant 5 000 tonnes de déchets par jour[16].
- Shin-Koto Incineration Plant : la plus grande usine d’incinération des déchets du Japon, située à Koto-ku, traite chaque jour les déchets produits par 2,2 millions d’habitants et génère jusqu’à 50 000 kW d’énergie.
- TuasOne Waste-to-Energy Plant : cette installation située à Singapour, mise en service en 2021, incinère 3 600 tonnes de déchets par jour afin de produire 120 MW d’électricité pour 240 000 logements sociaux.
Les projets de valorisation énergétique des déchets prennent-ils de l’ampleur ?
L’avenir du secteur de la valorisation énergétique des déchets pourrait s’avérer encore plus prometteur, avec des projets toujours plus nombreux et de plus grande envergure.
À Singapour, l’Integrated Waste Management Facility de Tuas Nexus, en pleine expansion, s’appuie par exemple sur le succès de l’usine TuasOne. Présenté comme le premier pôle intégré à grande échelle au monde réunissant l’eau, l’énergie et les déchets, Tuas Nexus est actuellement mis en œuvre selon un calendrier de réalisation par phases[17]. À terme, il devrait incinérer environ 5 800 tonnes de déchets par jour et aider la cité-État à atteindre un taux de recyclage global de 70 % d’ici à 2030[18].
« Cette installation intégrée nous rapproche un peu plus de notre ambition de devenir une nation zéro déchet » – Tan Meng Dui, de la National Environment Agency de Singapour
Situé à côté de l’installation Tuas Water Reclamation Plant de Singapour, Tuas Nexus vise une autosuffisance de 100 % grâce à l’intégration des ressources et à la récupération d’énergie. La National Environment Agency (NEA) de Singapour estime que le projet permettra d’éviter plus de 200 000 tonnes d’émissions de CO2 par an. Tan Meng Dui, directeur général de la NEA, a déclaré : « Cette installation intégrée ouvre la voie à une approche plus circulaire de la gestion des ressources et nous rapproche un peu plus de notre ambition de devenir une nation zéro déchet. »[19]
À Bichkek, au Kirghizistan, la première unité de valorisation énergétique des déchets d’Asie centrale prévoit déjà de tripler sa capacité, alors qu’elle n’a ouvert qu’en novembre 2025. Située sur la principale décharge de Bichkek, cette installation de 95 millions USD comprend un groupe turboalternateur de 30 MW qui permettra d’éviter environ 100 000 tonnes d’émissions de carbone par an[20].
Actuellement conçue pour traiter 365 000 tonnes de déchets par an, l’usine portera sa capacité à plus d’un million de tonnes à mesure que son extension progressera.
Un modèle complet d’économie circulaire, plaçant la gestion des déchets en son cœur, pourrait générer un gain financier net de 108,5 milliards USD par an
Alors que les projets de valorisation énergétique des déchets se multiplient dans le monde, le secteur est appelé à jouer un rôle central dans le soutien de l’économie mondiale. Selon les estimations du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), un modèle complet d’économie circulaire, plaçant la gestion des déchets en son cœur, pourrait générer un gain financier net de 108,5 milliards USD par an[21].
Ces retombées s’intensifieront à mesure que les nouvelles technologies continueront d’améliorer la viabilité économique des projets de valorisation énergétique des déchets dans le monde.
Étude de cas : Mumbai, Inde
Autre projet ambitieux, actuellement en phase de planification, l’installation intégrée de gestion des déchets solides de Navi Mumbai sera située près de Mumbai, en Inde.
La première phase de ce projet de 210 millions USD devrait être achevée d’ici à 2029 et permettra de traiter 1 500 tonnes de déchets par jour. Une fois pleinement opérationnelle, l’usine devrait produire quotidiennement environ 27 MW d’énergie et ramener le coût de l’élimination des déchets de 500 Rs par tonne actuellement à 385 Rs par tonne.
La technologie permettra-t-elle d’accélérer le développement du secteur de la valorisation énergétique des déchets ?
Les progrès technologiques continus dans le secteur de la valorisation énergétique des déchets améliorent l’efficacité, les performances environnementales et la rentabilité pour les investisseurs[22]. Parmi les principales évolutions technologiques figurent :
- Combustion avancée : la combustion en lit fluidisé, qui consiste à brûler des déchets broyés dans une cuve contenant un matériau inerte tel que du sable, permet d’utiliser une plus grande variété de combustibles, les brûleurs pouvant traiter des déchets solides, des boues d’épuration et de la biomasse industrielle. La combustion sur grille, qui consiste à brûler les déchets sur des grilles ventilées parcourues par un flux d’air, permet d’obtenir des rendements énergétiques plus élevés tout en réduisant les émissions de polluants nocifs.
- Nouvelles turbines et chaudières : les cycles vapeur à haut rendement, associés à des turbines de conception optimisée, améliorent les taux de conversion énergétique et accroissent le potentiel de rentabilité.
- Maîtrise des émissions : les polluants toxiques tels que les NOx sont de plus en plus souvent captés par de nouvelles technologies de contrôle des émissions, notamment les précipitateurs électrostatiques, les filtres à manches et les systèmes de réduction catalytique sélective.
- Optimisation du combustible : la purification des déchets avant leur combustion permet d’accroître la récupération d’énergie. Des séparateurs et broyeurs de pointe améliorent le processus de combustion tout en réduisant les émissions et en augmentant l’efficacité.
- Intégration des énergies renouvelables : L’énergie solaire et l’énergie éolienne, essentielles pour atteindre les objectifs de neutralité carbone et assurer la pérennité énergétique, fluctuent naturellement en fonction des conditions météorologiques. Leur intégration aux réseaux électriques peut donc s’avérer complexe. Associer l’électricité produite par les unités de valorisation énergétique des déchets à celle issue de sources renouvelables peut contribuer à améliorer la régularité et la prévisibilité de l’approvisionnement.
Comment le secteur privé peut-il contribuer au développement de la valorisation énergétique des déchets ?
Compte tenu de l’importance des investissements initiaux requis, le secteur privé jouera un rôle essentiel dans le déploiement de nouveaux projets de valorisation énergétique des déchets à travers le monde.
ALMAR Water Solutions, qui fait partie de Jameel Energy, est un fournisseur de renommée mondiale spécialisé dans les infrastructures hydrauliques.
ALMAR détient désormais une participation majoritaire dans Ecoprial, spécialiste chilien de la valorisation énergétique des déchets. Ecoprial traite les déchets organiques et industriels issus du secteur agro-industriel de la région et fournit des services de traitement des déchets, de production d’énergie renouvelable et de récupération des ressources.
Chaque année, Ecoprial traite 40 000 tonnes de déchets organiques biodégradables ainsi que 10 000 tonnes de déchets industriels non dangereux.
En contrepartie, l’entreprise fournit 40 000 mètres cubes d’engrais destinés aux terres agricoles ainsi que 1,75 million de mètres cubes supplémentaires de biogaz contenant 65 % de méthane.
Les activités d’Ecoprial servent de modèle à d’autres projets de valorisation énergétique des déchets dans le monde, alors qu’un nombre croissant de villes reconnaissent les avantages de la réutilisation de leurs déchets.
Étude de cas : Ecoprial voit grand au Chili
Ecoprial a fait les gros titres au Chili en 2023 lors de la mise en service de l’installation de traitement des déchets organiques la plus avancée du pays.
Située près d’Osorno, dans la région de Los Lagos, l’usine est conçue pour traiter différents flux de matières biodégradables afin de produire du biogaz destiné à la production d’énergie ainsi que de l’engrais organique pour l’agriculture.
Son procédé de digestion anaérobie comprend un prétraitement par pasteurisation destiné à protéger le digestat contre les contaminants microbiologiques pathogènes.

Comment la valorisation énergétique des déchets contribuera-t-elle à façonner les villes de demain ?
À mesure que nous progresserons vers un monde plus conscient des enjeux liés aux déchets, nous commencerons à percevoir tous les effets des écosystèmes interconnectés de valorisation énergétique des déchets.
Imaginons un réseau sophistiqué d’installations à l’échelle d’une ville, axé sur la récupération des matières et l’exploitation de leur potentiel énergétique : les métaux et les minéraux sont recyclés, les fumées sont traitées afin de protéger l’atmosphère, les eaux usées et l’eau de mer sont purifiées pour la consommation humaine, les biodéchets sont traités par digestion anaérobie, les réseaux électriques sont alimentés par des unités de valorisation énergétique des déchets et les logements sont chauffés grâce à la chaleur résiduelle.
« La technologie de valorisation énergétique des déchets s’impose comme un élément central de la vision d’une planète plus durable »
Une telle réalité est à notre portée, même si le secteur reste confronté à plusieurs défis : la perception négative du public concernant la sécurité et l’esthétique, les coûts d’investissement élevés des installations de valorisation énergétique des déchets et la concurrence du secteur du recyclage, plus mature. Certains craignent également qu’en apprenant à traiter efficacement les déchets, nous encouragions involontairement une culture plus consumériste et davantage fondée sur le tout-jetable.
« La technologie de valorisation énergétique des déchets s’impose comme un élément central de la vision d’une planète plus durable », déclare Fady Jameel, vice-président international d’Abdul Latif Jameel.
« Compte tenu des perspectives de création d’emplois, des retombées économiques considérables et des bénéfices environnementaux à grande échelle, ne pas exploiter le potentiel de cette source d’énergie durable constituerait en soi un gaspillage impardonnable. »
Valorisation Énergétique Des Déchets : Cinq Faits en Bref
Q : Quelle quantité de déchets potentiellement valorisables produisons-nous chaque année ?
D’ici à 2030, nous devrions produire environ 2,5 milliards de tonnes de déchets par an, un volume qui atteindra 3,5 milliards de tonnes au milieu du siècle.
Q : Comment les déchets sont-ils actuellement éliminés et gaspillons-nous leur potentiel ?
À l’heure actuelle, environ 37 % des déchets sont mis en décharge et 33 % sont abandonnés à ciel ouvert, ce qui signifie que 70 % des déchets produits dans le monde sont laissés à se décomposer.
Q : De quelle quantité d’énergie avons-nous besoin chaque année ?
Nous consommons actuellement environ 27 000 TWh d’énergie par an, mais ce chiffre devrait atteindre 47 000 TWh d’ici à 2050.
Q : La valorisation énergétique des déchets est-elle commercialement viable ?
La taille du marché du secteur était estimée à 37,29 milliards USD en 2025 et devrait atteindre 51,68 milliards USD d’ici à 2034.
Q : Où se trouve la plus grande unité de valorisation énergétique des déchets au monde ?
Le Dubai Waste Management Centre est la plus grande unité de valorisation énergétique des déchets au monde. Construit pour un coût de 1,1 milliard USD, il transforme jusqu’à 45 % des déchets de l’émirat, soit 1,9 million de tonnes par an, en 200 MW d’électricité destinés à 120 000 foyers.
[1] https://datareportal.com/reports/digital-2026-global-population-trends
[2] https://www.eswet.eu/wp-content/uploads/2021/01/ESWET_2050_Vision.pdf
[3] https://about.bnef.com/insights/clean-energy/new-energy-outlook/#row-6a1ea02d29968
[4] https://energysavingtrust.org.uk/generating-energy-waste-how-it-works/
[5] https://spectra.mhi.com/energy-transition/from-trash-to-treasure-waste-to-energy-explained
[6] https://www.mhi.com/business/products-services/energy-environment/waste-treatment-recycling/advanced-flue-gas-treatment
[7] https://www.eswet.eu/wp-content/uploads/2021/01/ESWET_2050_Vision.pdf
[8] https://www.fortunebusinessinsights.com/industry-reports/waste-to-energy-market-100421
[9] https://www.districtenergy.org/blogs/district-energy/2022/08/17/how-sweden-sends-just-1-of-its-trash-to-landfills
[10] https://medium.com/@meshwapanchal08/swedens-waste-to-energy-revolution-how-sweden-turns-its-waste-into-a-useful-resource-c0450bec5c3e
[11] https://frostandsullivaninstitute.org/waste-management-in-sweden-turning-trash-into-treasure/
[12] https://www.valmet.com/insights/articles/energy/the-worlds-biggest-waste-fired-boiler-at-malarenergis-power-plant/
[13] https://smartcitysweden.com/best-practice/111/renova-efficient-waste-recovery/
[14] https://www.theguardian.com/cities/2016/oct/26/incinerator-copenhagen-waste-plant-bjarke-ingels-ski-slope
[15] https://www.ramboll.com/projects/energy/largest-of-its-kind-waste-to-energy-facility-in-dubai
[16] https://www.shl.dk/en/work/shenzen-energy-ring/story
[17] https://www.nea.gov.sg/media/news/news/index/tuas-nexus-singapore-s-first-integrated-water-and-solid-waste-treatment-facility-begins-construction
[18] https://global-recycling.info/archives/9592
[19] https://www.nea.gov.sg/media/news/news/index/tuas-nexus-singapore-s-first-integrated-water-and-solid-waste-treatment-facility-begins-construction
[20] https://timesca.com/bishkek-officially-inaugurates-central-asias-first-waste-to-energy-plant
[21] https://www.unep.org/news-and-stories/press-release/world-must-move-beyond-waste-era-and-turn-rubbish-resource-un-report
[22] https://www.sphericalinsights.com/blogs/global-waste-to-energy-market-green-solutions-for-emerging-markets-statistics
Ajouté au dossier de presse