PrĂȘts face au changement climatique ? | Abdul Latif JameelÂź
La pression monte : sommes-nous suffisamment préparés au changement climatique ?
Dubai, EAU
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Avril 1 , 2026
|
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La pression monte : sommes-nous suffisamment préparés au changement climatique ?

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Abdul Latif Jameel
Abdul Latif Jameel
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Les phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes causent des dĂ©gĂąts incalculables dans le monde entier. Nous ressentons probablement tous, d’une maniĂšre ou d’une autre, les effets du changement climatique. AntĂłnio Guterres, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies, lance cet avertissement urgent : « Nous sommes sur l’autoroute de l’enfer climatique, le pied au plancher. »

Depuis la dĂ©claration fracassante de Guterres lors de la COP27, la confĂ©rence sur le changement climatique tenue en 2022, le dĂ©bat sur le changement climatique fait rage : notre climat est-il vraiment en train de changer ? À quel rythme cela se produit-il ? Et surtout, que pouvons-nous faire pour y remĂ©dier ? Pendant ce temps, le temps presse pour prendre des mesures correctives.

Que vous soyez militant Ă©cologiste ou simple observateur, les preuves de l’impact du changement climatique sont partout autour de nous. La liste inquiĂ©tante des phĂ©nomĂšnes climatiques potentiellement mortels comprend l’élĂ©vation du niveau des mers, la fonte des glaciers, les vagues de chaleur, les sĂ©cheresses, les vagues de froid extrĂȘme, les inondations massives et le rĂ©chauffement des ocĂ©ans.

Nous devons nous prĂ©parer au changement climatique afin de protĂ©ger l’humanitĂ© – et notre milieu naturel – non seulement Ă  court terme, mais aussi en trouvant des solutions pour faire face aux problĂšmes climatiques Ă  plus long terme. MĂȘme si l’ampleur du phĂ©nomĂšne ne fait pas l’unanimitĂ©, il est encourageant de constater que des mesures sont prises pour y remĂ©dier.

Qu’entendons-nous exactement par changement climatique ?

Bien que l’expression « changement climatique » soit couramment utilisĂ©e dans la sociĂ©tĂ©, sa signification exacte est rarement expliquĂ©e en dĂ©tail. Comme Ă©voquĂ© dans les prĂ©cĂ©dents articles, le changement climatique dĂ©signe, en termes gĂ©nĂ©raux, l’évolution des conditions mĂ©tĂ©orologiques et des tempĂ©ratures ; Ă©volution qui peut ĂȘtre d’origine naturelle ou liĂ©e Ă  l’activitĂ© humaine[1]. Depuis la rĂ©volution industrielle au XIXe siĂšcle, l’activitĂ© humaine est reconnue comme le principal facteur du changement climatique[2], principalement en raison de la combustion de combustibles fossiles comme le pĂ©trole, le charbon et le gaz. Le changement climatique ne se rĂ©sume toutefois pas Ă  une simple hausse des tempĂ©ratures. La planĂšte est constituĂ©e de systĂšmes interdĂ©pendants, si bien que les changements survenant dans un domaine peuvent avoir des rĂ©percussions sur d’autres[3]. Le changement climatique a notamment un impact sur ce qui suit :

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), sous l’égide des Nations unies, rĂ©sume les domaines les plus durement touchĂ©s[4] :

Heureusement, au cours de la derniÚre décennie, les gouvernements du monde entier ont pris conscience des conséquences de ces changements dramatiques sur notre planÚte.

En quoi le changement climatique cause-t-il des ravages ?

Selon les donnĂ©es officielles, prĂšs de la moitiĂ© de la population mondiale est exposĂ©e aux effets du changement climatique[5]. L’ONU indique qu’entre 2014 à 2024, chaque annĂ©e a Ă©tĂ© la plus chaude jamais enregistrĂ©e[6] ; l’annĂ©e 2024 ayant Ă©tĂ© l’annĂ©e la plus chaude de l’histoire selon l’Organisation mĂ©tĂ©orologique mondiale (OMM)[7].

L’OMM ajoute que les gaz Ă  effet de serre ont atteint des niveaux records en 2023, tout comme les tempĂ©ratures ocĂ©aniques. Elle prĂ©cise en outre que le rythme de l’élĂ©vation du niveau de la mer entre 2014 et 2023 a Ă©tĂ© plus de deux fois supĂ©rieur Ă  celui observĂ© entre 1993 et 2002. Comme si cela ne suffisait pas, l’OMM indique que les glaciers ont perdu une quantitĂ© d’eau record en 2023.

L’OMM prĂ©voit que les tempĂ©ratures resteront Ă  des niveaux records ou proches de ceux-ci au cours des cinq prochaines annĂ©es[8], tandis que l’organisation World Weather Attribution estime que les phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes atteindront « de nouveaux sommets en 2024 »[9]. Elle suggĂšre que le nombre de personnes tuĂ©es par des phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes s’est intensifiĂ© en 2024, s’élevant Ă  des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers.

Quel est l’impact du changement climatique sur les diffĂ©rents pays ?

Il va sans dire que tous les pays sont susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©s d’une maniĂšre ou d’une autre par le changement climatique. La prĂ©paration dĂ©pend du type et de l’ampleur des risques potentiels auxquels un pays est confrontĂ©. Il peut s’agir de canicules dans les rĂ©gions arides du monde ou d’inondations dans les zones cĂŽtiĂšres. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement[10] dĂ©taille cinq mesures que les pays peuvent prendre pour se prĂ©parer :

  • SystĂšmes d’alerte prĂ©coce
  • Restauration des Ă©cosystĂšmes
  • Infrastructure rĂ©sistante au changement climatique
  • Approvisionnement en eau et sĂ©curitĂ©
  • Planification Ă  long terme

On espÚre que, mises bout à bout, ces mesures contribueront à atténuer les effets néfastes du changement climatique.

Comme le rappelle l’International Rescue Committee[11], ce sont souvent les populations les plus vulnĂ©rables qui sont les premiĂšres touchĂ©es par le changement climatique, alors mĂȘme qu’elles contribuent trĂšs peu aux Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Ces pays sont principalement situĂ©s en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Cela confĂšre aux pays dĂ©veloppĂ©s une responsabilitĂ© encore plus grande d’aider les autres Ă  se prĂ©parer au changement climatique.

Mais les pays en dĂ©veloppement ne sont pas les seuls Ă  devoir se prĂ©parer au changement climatique : les pays dĂ©veloppĂ©s pourraient eux aussi subir certains des effets les plus graves de ce phĂ©nomĂšne. Les menaces liĂ©es au changement climatique ne connaissent pas de frontiĂšres. En effet, selon l’Agence europĂ©enne pour l’environnement, l’Europe est le continent qui se rĂ©chauffe le plus rapidement au monde[12].

Bon nombre des mesures recommandĂ©es par l’ONU pour lutter contre le changement climatique peuvent ĂȘtre mises en Ɠuvre au niveau local, dans les villes et au sein des communautĂ©s. Les mesures de lutte contre le changement climatique dans les villes et communautĂ©s peuvent notamment inclure :

  • planter davantage d’arbres pour contribuer Ă  faire baisser les tempĂ©ratures dans les villes ;
  • rendre les bĂątiments plus Ă©cologiques, et notamment plus Ă©conomes en Ă©nergie ;
  • concevoir des bĂątiments mieux adaptĂ©s aux alĂ©as climatiques, par exemple aux ouragans et aux tremblements de terre ;
  • mettre en place une gestion de l’eau plus efficace afin de rĂ©duire le gaspillage ;
  • amĂ©liorer les dĂ©fenses contre les inondations ;
  • opter pour des modes de transport plus Ă©cologiques, avec davantage de vĂ©hicules Ă  faibles Ă©missions et Ă©lectriques ;
  • encourager davantage de personnes Ă  utiliser les transports en commun, Ă  faire du vĂ©lo ou Ă  marcher.

Une suggestion consiste Ă  dĂ©velopper des « villes-Ă©ponges »[13], oĂč les espaces naturels comme les parcs et les cours d’eau sont utilisĂ©s dans le cadre des dispositifs de protection contre les inondations. Auckland, en Nouvelle-ZĂ©lande, est rĂ©putĂ©e pour son caractĂšre « éponge ». Parmi les mesures positives mises en place lĂ -bas, on peut citer le remplacement des canaux en bĂ©ton par de la vĂ©gĂ©tation, comme des roseaux et des fougĂšres, qui absorbent l’eau. Cependant, les efforts visant Ă  accroĂźtre les espaces verts dans les villes peuvent se heurter aux exigences Ă©conomiques liĂ©es Ă  la construction de nouveaux logements. La densitĂ© urbaine relativement faible d’Auckland en est un bon exemple, la ville Ă©tant soumise Ă  la pression des promoteurs immobiliers[14].

Certains pays adoptent une approche « de la carotte et du bùton » pour rendre leurs infrastructures clés plus résilientes face au changement climatique. Ils combinent mesures incitatives et sanctions[15] pour encourager ou punir les responsables des infrastructures.

La carotte peut prendre la forme d’incitations et de subventions accordĂ©es aux entreprises afin de rendre les infrastructures plus rĂ©silientes face au changement climatique. Le bĂąton intervient lorsque les autoritĂ©s de rĂ©glementation sanctionnent les promoteurs qui ne respectent pas les normes ou les directives. Par exemple, des pĂ©nalitĂ©s et des amendes peuvent ĂȘtre infligĂ©es en cas de non-conformitĂ©, de retard dans la rĂ©alisation des projets ou de perturbation des services de transport.

 

Il existe de nombreux exemples positifs Ă  travers le monde[16] de villes qui se prĂ©parent au changement climatique, montrant que mĂȘme de petits changements peuvent faire la diffĂ©rence. Ils dĂ©montrent Ă  quel point il est important de renforcer la rĂ©silience en en faisant un Ă©lĂ©ment clĂ© dĂšs les premiĂšres Ă©tapes des processus de construction.

La plantation d’arbres fait partie de ces petites actions qui peuvent avoir un impact considĂ©rable. Au Canada, Toronto s’est fixĂ© pour objectif de porter la couverture vĂ©gĂ©tale de la ville Ă  40 % d’ici 2025, en plantant 120 000 arbres par an[17]. Outre la rĂ©duction des risques de glissements de terrain et de crues soudaines, les arbres rafraĂźchissent les zones urbaines. Les autoritĂ©s municipales soulignent Ă©galement que les arbres peuvent contribuer Ă  faire grimper les prix de l’immobilier et Ă  amĂ©liorer la santĂ© en filtrant la pollution atmosphĂ©rique

Une autre idĂ©e, modeste, mais importante, consiste Ă  promouvoir les jardins urbains en tant qu’espaces verts au sein des villes. Les jardins urbains ont pour double objectif d’attĂ©nuer les effets du changement climatique tout en nourrissant la population. Deux villes situĂ©es sur des continents diffĂ©rents soutiennent le jardinage urbain : Dresde et Brazzaville. À Brazzaville, la capitale du Congo, un projet associe le jardinage et la production alimentaire Ă  des initiatives Ă©ducatives dans les Ă©coles. En Allemagne, Dresde tire parti de ses petits jardins familiaux traditionnels pour atteindre son objectif de « ville comestible »[18].

Comment renforcer notre résilience ?

La rĂ©silience face au changement climatique revĂȘt de nombreuses formes. La Commission mondiale sur l’adaptation (GCA) a Ă©tĂ© créée en 2018 afin de maintenir l’élan des initiatives liĂ©es au changement climatique. Elle estime qu’un investissement de 1 800 milliards de dollars amĂ©ricains dans cinq domaines clĂ©s entre 2020 et 2030 pourrait gĂ©nĂ©rer des bĂ©nĂ©fices nets de 7 100 milliards de dollars amĂ©ricains[19] (voir tableau).

Sans surprise, le coĂ»t des mesures de lutte contre le changement climatique peut constituer un point de friction, ce qui semble paradoxal compte tenu du coĂ»t considĂ©rable qu’entraĂźne le fait d’ignorer le problĂšme. Le manque de financement pour lutter contre le changement climatique est assurĂ©ment un sujet Ă©pineux : le rapport 2023 du Programme des Nations Unies pour l’environnement sur le dĂ©ficit de l’adaptation porte le sous-titre « Financements et prĂ©paration au rabais »[20]. Ce rapport examine sept moyens d’accroĂźtre le financement en combinant les dĂ©penses nationales, les financements internationaux et ceux du secteur privĂ© (voir graphique).

Il faut saluer des initiatives telles que la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystÚmes (2021-2030), qui affirme que « chacun peut contribuer à la restauration de la nature »[21] en prévenant, en stoppant et en inversant la dégradation des écosystÚmes. Elle comprend un « engagement à restaurer la Terre » que nous pouvons tous prendre.

Les efforts du Bureau des Nations Unies pour la rĂ©duction des risques de catastrophe (UNDRR) visent principalement Ă  « renforcer les maillons les plus faibles de la chaĂźne d’alerte prĂ©coce »[22]. Il convient Ă©galement de noter que « l’on ne peut pas convaincre les gens de se prĂ©parer par la seule logique ». La solution passe plutĂŽt par une meilleure communication et un engagement accru auprĂšs des personnes les plus exposĂ©es aux catastrophes liĂ©es au climat. C’est pourquoi la plateforme mondiale pour la rĂ©duction des risques rĂ©cemment lancĂ©e par l’UNDRR prĂ©sente une approche « ne laisser personne de cĂŽté ». Par ailleurs, la Banque mondiale gĂšre un mĂ©canisme mondial[23] qui aide les pays les plus pauvres Ă  rĂ©duire leur vulnĂ©rabilitĂ©, notamment grĂące Ă  des subventions.

La Tanzanie en est un bon exemple, car ce pays est exposĂ© aux inondations. Les efforts visant Ă  accroĂźtre le couvert forestier et Ă  amĂ©liorer la prĂ©paration aux inondations ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de 1,7 milliard de dollars d’« investissements dans la rĂ©silience » de la part de la Banque mondiale[24]. Parmi les initiatives mises en place, on peut citer l’encouragement des communautĂ©s locales Ă  cartographier les zones inondables afin de mieux cerner les endroits oĂč les risques sont les plus Ă©levĂ©s. Ailleurs, Ă  Colombo (capitale du Sri Lanka), les zones humides d’eau douce sont protĂ©gĂ©es dans le cadre de la stratĂ©gie de gestion des inondations de la ville[25].

Qu’est-ce que le fonds « pertes et dommages » ?

Nous savons que les dĂ©gĂąts causĂ©s par le changement climatique sont une rĂ©alitĂ© et que les pays subissent des pertes. La question est de savoir comment Ă©valuer, traiter et limiter ces pertes. C’est lĂ  qu’intervient le concept de « pertes et dommages ». Les pertes et dommages dĂ©signent « les consĂ©quences du changement climatique dĂ©passant la capacitĂ© d’adaptation des populations »[26]. La nĂ©cessitĂ© d’un fonds « pertes et dommages » visant Ă  indemniser les pays les plus touchĂ©s (principalement situĂ©s dans l’hĂ©misphĂšre Sud) a Ă©tĂ© officiellement reconnue lors de la COP27 en 2022. Par la suite, un fonds pour pertes et dommages[27] a Ă©tĂ© créé afin d’apporter un soutien financier aux pays confrontĂ©s aux dĂ©gĂąts causĂ©s par le changement climatique. Lors de la COP28 en 2023, la Banque mondiale a Ă©tĂ© chargĂ©e de rendre ce fonds opĂ©rationnel. Dans le cadre de la COP29 en 2024, plus de 720 millions de dollars amĂ©ricains ont Ă©tĂ© annoncĂ©s[28].

Les pertes et dommages peuvent ĂȘtre d’ordre Ă©conomique, comme le dĂ©placement de populations et la destruction des moyens de subsistance, ou d’ordre non Ă©conomique, comme la perte culturelle. Cependant, l’idĂ©e d’un fonds suscite la controverse, car elle soulĂšve des questions qui n’ont pas encore trouvĂ© de rĂ©ponse. Qui contribue au fonds pour pertes et dommages, et Ă  hauteur de combien ? Si un pays apporte une contribution, cela signifie-t-il qu’il en assume Ă©galement la responsabilitĂ© et la garantie en cas de catastrophe ? La COP29 a cherchĂ© Ă  clarifier ce point, les dĂ©lĂ©guĂ©s s’étant mis d’accord sur le fait que le financement devait reposer sur la coopĂ©ration et la facilitation plutĂŽt que sur la responsabilitĂ©. La COP30 tenue Ă  BelĂ©m (BrĂ©sil) en novembre 2025 visait Ă  obtenir une nouvelle augmentation des contributions des pays au fonds pour pertes et dommages.

La rĂ©ticence Ă  soutenir un fonds pour pertes et dommages peut s’expliquer, dans une certaine mesure, par le scepticisme quant Ă  son efficacitĂ©. L’une des critiques formulĂ©es est que les structures financiĂšres actuelles ne sont pas conçues pour relever les dĂ©fis Ă  l’échelle requise[29]. Une approche ciblĂ©e pourrait constituer une solution. Le groupe de rĂ©flexion politique Lowry Institute suggĂšre que cela pourrait se faire en allouant les fonds selon la vulnĂ©rabilitĂ© du pays au changement climatique et son PIB.[30] L’avantage serait ici de s’assurer que les fonds sont affectĂ©s lĂ  oĂč ils sont le plus nĂ©cessaires.

Quel rĂŽle les systĂšmes d’alerte prĂ©coce ont-ils Ă  jouer ?

Les systĂšmes d’alerte prĂ©coce figurent parmi les thĂšmes rĂ©currents abordĂ©s dans une grande partie des dĂ©bats sur la prĂ©paration au changement climatique. Ils constituent un autre exemple concret de la maniĂšre dont nous pouvons rĂ©agir au mieux face Ă  des phĂ©nomĂšnes naturels que nous ne pouvons pas contrĂŽler. L’OMM joue un rĂŽle clĂ© dans le soutien aux systĂšmes d’alerte prĂ©coce[31], avec une mission axĂ©e sur les connaissances, la dĂ©tection, la communication et la prĂ©paration.

Par ailleurs, le projet « Early Warnings for All » souligne qu’en 2024, 108 pays disposaient d’une certaine capacitĂ© en matiĂšre de systĂšmes d’alerte prĂ©coce multirisques, contre 52 pays en 2015. Les systĂšmes d’alerte prĂ©coce incluent notamment :[32]

  • la collecte de donnĂ©es pour amĂ©liorer la connaissance des risques de catastrophe ;
  • la mise en place de services de dĂ©tection, d’observation et de surveillance ;
  • la communication des informations sur les risques ;
  • le renforcement des capacitĂ©s d’intervention au niveau national et local.

HaĂŻti, par exemple, qui est exposĂ© Ă  une combinaison dĂ©vastatrice d’ouragans, d’inondations et de tremblements de terre, utilise des fonds de la Banque mondiale pour mettre en place des protocoles permettant aux autoritĂ©s de mieux se prĂ©parer et de rĂ©agir plus efficacement face aux menaces[33]. Autre rĂ©gion particuliĂšrement exposĂ©e au risque d’inondation, le bassin infĂ©rieur du MĂ©kong en Asie peut subir des changements spectaculaires entre ses saisons humides et sĂšches. Un systĂšme d’alerte aux inondations, mis en place dans le cadre d’un projet de l’OMM au Cambodge et au Laos[34], fournit des mises Ă  jour quotidiennes et anticipe les problĂšmes potentiels jusqu’à cinq jours, offrant ainsi aux communautĂ©s un dĂ©lai crucial pour se prĂ©parer et rĂ©agir face au danger.

L’analyse des volumes considĂ©rables de donnĂ©es requis par les systĂšmes d’alerte mĂ©tĂ©orologique met l’intelligence artificielle (IA) au premier plan. L’IA constitue un moyen de combler les lacunes en matiĂšre de connaissances dans les rĂ©gions oĂč les donnĂ©es mĂ©tĂ©orologiques sont limitĂ©es. En effet, l’OMM encourage le recours aux prĂ©visions mĂ©tĂ©orologiques basĂ©es sur l’IA afin qu’un plus grand nombre de pays puissent anticiper les catastrophes liĂ©es aux conditions mĂ©tĂ©orologiques[35].

Je suis fier de dire que Community Jameel, l’organisation philanthropique mondiale d’Abdul Latif Jameel, joue un rĂŽle actif dans la mise en place de systĂšmes d’alerte prĂ©coce et le renforcement de la rĂ©silience climatique au sein des communautĂ©s menacĂ©es.

Créé en 2021, l’Observatoire Jameel est une plateforme mondiale destinĂ©e aux pays Ă  revenus faibles et moyens, qui axe ses travaux sur le climat, les catastrophes naturelles, les systĂšmes agricoles et alimentaires, et la santĂ©. Il utilise les donnĂ©es et la science pour aider les communautĂ©s et les gouvernements Ă  se prĂ©parer aux chocs environnementaux ainsi qu’aux impacts du changement climatique sur les moyens de subsistance et le bien-ĂȘtre, et Ă  agir en consĂ©quence. La plateforme rĂ©git les travaux de l’Observatoire Jameel pour l’action prĂ©coce en matiĂšre de sĂ©curitĂ© alimentaire, dirigĂ© par l’UniversitĂ© d’Édimbourg, et le RĂ©seau du systĂšme d’alerte prĂ©coce pour la rĂ©silience climatique de l’Observatoire Jameel (CREWSNet), dirigĂ© par le Massachusetts Institute of Technology.

Le Jameel Observatory-CREWSnet est l’un des cinq projets phares des Grands dĂ©fis climatiques du MIT. Il vise Ă  permettre aux communautĂ©s du monde entier de s’adapter aux chocs climatiques en combinant des techniques de prĂ©vision socio-Ă©conomique et climatique de pointe avec des solutions technologiques. En se concentrant dans un premier temps sur les communautĂ©s du sud-ouest du Bangladesh et du Soudan, l’objectif est de fournir suffisamment d’informations sur les conditions mĂ©tĂ©orologiques Ă  venir pour permettre Ă  ces communautĂ©s de se prĂ©parer et de gĂ©rer les risques, en mettant Ă  profit la recherche en laboratoire sur le terrain, oĂč elle peut contribuer Ă  rĂ©duire la pauvretĂ© grĂące Ă  une productivitĂ© accrue.

De mĂȘme, l’Observatoire Jameel pour l’action prĂ©coce en matiĂšre de sĂ©curitĂ© alimentaire vise Ă  faire en sorte que les communautĂ©s pastorales et agro-pastorales vulnĂ©rables d’Afrique de l’Est soient mieux prĂ©parĂ©es et plus rĂ©silientes face aux chocs environnementaux et pressions en constante Ă©volution sur leur sĂ©curitĂ© alimentaire et leur nutrition.

Sommes-nous suffisamment préparés aux conséquences du changement climatique ?

Le changement climatique est, Ă  juste titre, une source Ă©vidente d’inquiĂ©tude pour les communautĂ©s du monde entier. Heureusement, le signal d’alarme a Ă©tĂ© entendu, mĂȘme s’il soulĂšve des rĂ©ticences dans certains milieux. MalgrĂ© l’ampleur des dĂ©fis auxquels notre planĂšte est confrontĂ©e et les prĂ©visions parfois sombres relayĂ©es par les mĂ©dias, je suis fermement convaincu qu’il y a de nombreuses raisons d’ĂȘtre optimiste. GrĂące Ă  notre rĂ©silience, notre engagement et notre capacitĂ© d’adaptation, doublĂ©s d’une rĂ©flexion innovante et d’une dĂ©termination sans faille, nous pouvons ensemble protĂ©ger le monde en attĂ©nuant les effets les plus nĂ©fastes du changement climatique et en nous y adaptant.

En bref : Se préparer au changement climatique

Q : Combien de personnes dans le monde sont exposées aux effets du changement climatique ?

R : Selon les données officielles, prÚs de la moitié de la population mondiale est exposée aux effets du changement climatique.

Q : Qu’y a-t-il eu de significatif concernant les tempĂ©ratures mondiales en 2024 ?

R : L’annĂ©e 2024 a Ă©tĂ© reconnue comme l’annĂ©e la plus chaude jamais observĂ©e ; les dix annĂ©es prĂ©cĂ©dant 2024 ayant elles aussi Ă©tĂ© les plus chaudes jamais enregistrĂ©es.

Q : Quels avantages pourrait générer un investissement de 1 800 milliards de dollars américains dans la résilience climatique ?

R : La Commission mondiale sur l’adaptation (GCA) estime qu’un investissement de 1 800 milliards de dollars amĂ©ricains dans cinq domaines clĂ©s entre 2020 et 2030 pourrait gĂ©nĂ©rer des bĂ©nĂ©fices nets de 7 100 milliards de dollars amĂ©ricains.

Q : Quel montant a été promis au Fonds pour pertes et dommages lors de la COP29 ?

R : À l’occasion de la COP29 en 2024, plus de 720 millions de dollars amĂ©ricains avaient Ă©tĂ© promis au fonds pour pertes et dommages, qui apporte un soutien financier aux pays confrontĂ©s aux consĂ©quences du changement climatique.

Q : Combien de pays disposaient d’un systĂšme d’alerte prĂ©coce en 2024 ?

R : En 2024, 108 pays disposaient d’une certaine capacitĂ© en matiĂšre de systĂšmes d’alerte prĂ©coce multirisques, contre seulement 52 pays en 2015.

 

[1] https://www.un.org/fr/climatechange/what-is-climate-change

[2] https://www.ipcc.ch/2021/08/09/ar6-wg1-20210809-pr/

[3] https://www.un.org/fr/climatechange/what-is-climate-change

[4] https://www.ipcc.ch/report/ar6/syr/downloads/figures/IPCC_AR6_SYR_SPM_Figure1.png

[5] https://www.un.org/fr/climatechange/climate-adaptation

[6] https://wmo.int/media/news/climate-change-impacts-grip-globe-2024

[7] https://wmo.int/fr/news/media-centre/2024-est-en-passe-de-devenir-lannee-la-plus-chaude-jamais-observee-alors-que-le-rechauffement

[8] https://wmo.int/fr/news/media-centre/selon-les-previsions-climatiques-mondiales-les-temperatures-devraient-se-maintenir-des-niveaux

[9] https://www.worldweatherattribution.org/when-risks-become-reality-extreme-weather-in-2024/

[10] https://www.unep.org/news-and-stories/story/5-ways-countries-can-adapt-climate-crisis

[11] https://www.rescue.org/uk/article/10-countries-risk-climate-disaster

[12] https://www.eea.europa.eu/en/topics/in-depth/climate-change-impacts-risks-and-adaptation

[13] https://foresight.skanska.com/resilience/designing-and-building-climate-resilient-cities/

[14] https://www.weforum.org/videos/auckland-is-the-worlds-spongiest-city/

[15] https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2024/04/infrastructure-for-a-climate-resilient-future_c6c0dc64/464404b3-fr.pdf

[16] https://gca.org/wp-content/uploads/2019/09/GlobalCommission_Report_FINAL.pdf

[17] https://www.cbc.ca/news/canada/toronto/toronto-urban-forests-housing-challenge-1.7178210

[18] https://www.connective-cities.net/wp-content/uploads/2025/06/Dresden_and_Brazzaville_embrace_urban_gardening_28.pdf

[19] https://gca.org/wp-content/uploads/2019/09/GlobalCommission_Report_FINAL.pdf

[20] https://www.unep.org/fr/resources/rapport-2023-sur-le-deficit-de-ladaptation-au-climat

[21] https://www.decadeonrestoration.org/fr

[22] https://www.undrr.org/news/global-platform-elevates-risk-communication-essential-disaster-risk-reduction

[23] https://www.gfdrr.org/en

[24] https://www.worldbank.org/en/news/immersive-story/2025/06/16/gfdrr-engagement-with-tanzania

[25] https://blogs.worldbank.org/en/endpovertyinsouthasia/wetland-centers-and-fight-against-climate-change

[26] https://www.wri.org/insights/loss-damage-climate-change

[27] https://unfccc.int/establishing-a-dedicated-fund-for-loss-and-damage

[28] https://cop29.az/en/media-hub/news/fund-for-responding-to-loss-and-damage-ready-to-accept-contributions

[29] https://ecdpm.org/work/broken-promise-loss-and-damage-finance-can-europe-help

[30] https://www.lowyinstitute.org/publications/climate-loss-damage-fund-works

[31] https://wmo.int/activities/early-warnings-all/wmo-and-early-warnings-all-initiative

[32] https://earlywarningsforall.org/site/early-warnings-all

[33] https://blogs.worldbank.org/en/dev4peace/scaling-early-warning-systems-communities-fragile-and-conflict-zones

[34] https://library.wmo.int/viewer/69588/download?file=CREWS-Stories-Success-Cambodia-Lao-2025_en.pdf&type=pdf&navigator=1

[35] https://wmo.int/media/news/ai-powered-meteorology-supports-early-warnings-all?book=22533

Abdul Latif Jameel
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