La technologie peut-elle accélérer une révolution de la mobilité verte ?
Notre monde se transforme à un rythme sans précédent. Les politiques mondiales s’harmonisent. Les réseaux sociaux libèrent des voix longtemps réduites au silence. Les systèmes énergétiques évoluent vers l’électrification durable. L’IA redéfinit de vastes pans de notre vie quotidienne. Pourtant, nous sommes toujours dans un monde physique, où les gens et les marchandises doivent être transportés d’un endroit à l’autre, tout comme il y a des siècles. Les voyages et le commerce sont la base d’une grande partie du potentiel illimité de la société moderne. Cependant, les méthodes de cette mobilité subissent des changements radicaux.
Les véhicules à énergie nouvelle (NEV) remplacent rapidement les technologies de combustibles fossiles. Les stations de recharge sont les stations-service de demain. Un nouvel épicentre de production automobile est apparu comme un véritable rival des pôles d’OEM traditionnels. Les solutions de mobilité intelligente redéfinissent les notions conventionnelles de propriété. Les véhicules autonomes déchargent les humains de la corvée de conduire. Et pour la congestion causée par le nombre croissant de véhicules sur les routes urbaines ? Les taxis aériens sont une solution séduisante.
Il semble que la mobilité évolue vraiment avec son temps.
Dans quelle mesure la Chine fait-elle progresser l’industrie automobile mondiale ?
Pensez à la production automobile et certaines images viennent immédiatement à l’esprit : De nouvelles Ford rutilantes sur des lignes de fabrication en Amérique, des Renault fiables sortant de fières usines françaises, ou d’élégantes Maserati attirant tous les regards dans des salles d’exposition en Italie. Pourtant, dans la fabrication automobile mondiale, un nouveau rival ambitieux est apparu : La Chine.
La Chine est désormais le plus grand producteur de véhicules motorisés au monde et représente environ 40 % du marché en 2025[1]. Ayant doublé son nombre d’unités depuis 2010, la Chine dépasse désormais la production automobile de ses rivaux historiques européens et américains, qui représentent environ 15 % chacun. En 2024, la Chine a produit plus de 31 millions de véhicules, soit une hausse de 22 % par rapport à 2019. Leur seule véritable concurrence vient de la production combinée des États-Unis, du Canada et du Mexique, avec 19,8 millions d’unités[2].
Les chiffres de production en hausse sont reflétés par les ventes croissantes de véhicules chinois un peu partout dans le monde. La Chine et d’autres économies émergentes comme l’Inde représentent désormais plus de la moitié des ventes mondiales de voitures, contre seulement 20 % au début du siècle[3]. Les derniers chiffres montrent que ces tendances se poursuivent jusqu’en 2025, avec une hausse des ventes chinoises de 14 % par rapport à l’année précédente, dépassant de loin les États-Unis (+4 %) et l’Europe (qui stagne à +0 %)[4].

La Chine a triomphé en créant une proposition gagnante pour les automobilistes : Des voitures abordables sans sacrifier la qualité pour autant. Cette approche a permis de surmonter des préjugés tenaces selon lesquels les véhicules des économies émergentes ne peuvent rivaliser en termes de fiabilité et de durabilité avec les modèles des grands constructeurs automobiles traditionnels.
Il est de plus en plus courant de voir des marques chinoises telles que BYD (4,6 millions de ventes en 2025), Geely (3 millions), Chery (2,6 millions) et GWM (1,3 million) rouler sur les autoroutes dans le monde entier[5]. Au premier semestre 2025, BYD a été la quatrième marque automobile la plus vendue au monde avec une croissance de 31 % en glissement annuel, seulement derrière Toyota, Volkswagen et Ford, et elle prévoie de dépasser cette dernière d’ici à la fin de l’année[6]. On estime que d’ici à 2030, la Chine fabriquera un tiers de toutes les nouvelles voitures dans le monde[7].

Il n’est guère surprenant que la Chine soit un enjeu majeur pour Jameel Motors, la marque internationale de mobilité au sein du réseau d’entreprises Abdul Latif Jameel de la famille Jameel. Jasmmine Wong, présidente-directrice générale de Jameel Motors, sait bien que l’attitude pionnière de la Chine envers les véhicules électriques (VE) – son leadership dans l’électrification automobile – est à l’origine de son récent succès.
« Les OEM chinois sont les plus grands exportateurs mondiaux de voitures depuis 2023, et cette tendance ne va faire qu’augmenter. Ils investissent non seulement dans les véhicules physiques, mais aussi dans les technologies. Leur désir de réussite et leur volonté de prendre des risques sont incroyables. Et grâce à leur volonté de prendre des risques, ils sont capables d’innover très rapidement. Ils disposent de tous les ingrédients pour être maîtres de leur destin dans les cinq à dix prochaines années », déclare Jasmmine
Le monde entier est-il en train d’adopter la révolution des véhicules électriques ?
Alors que le monde lutte contre les ramifications de la crise climatique imminente, les véhicules électriques transforment presque à eux seuls la façon dont nous appréhendons la mobilité personnelle. Les ventes de véhicules électriques ont atteint 20,7 millions d’unités en 2025, soit une croissance de 20 % par rapport à l’année précédente[8]. De plus, la tendance est véritablement mondiale : La Chine a vendu 12,9 millions de véhicules électriques (+17 %), l’Europe 4,3 millions (+33 %), et les marchés émergents combinés 1,7 million supplémentaires (+48 %).

Fait sans précédent, les véhicules électriques représentent désormais un quart de toutes les ventes de véhicules dans le monde[9]. Près de la moitié des nouveaux véhicules vendus en Chine, leader du marché, sont des véhicules électriques, la plupart d’entre eux étant désormais moins chers que leurs équivalents à moteur à combustion interne (ICE). La Chine justifie son statut d’épicentre mondial de la production de véhicules électrique en fabriquant 70 % de tous les véhicules électriques via des marques majeures telles que BYD, SAIC, Geely et GAC.
Mais même avec cette hausse des ventes, la voie n’est peut-être pas encore totalement dégagée pour les VE.
En Europe, l’UE avait initialement légiféré pour interdire la production de tous les véhicules à combustibles fossiles d’ici à 2035. Fin 2025, cet objectif a cependant été abaissé à 90 % des véhicules, assorti de mesures compensatoires telles que l’utilisation d’acier vert et l’adoption de biocarburants à la place de l’essence et du diesel[10].
Aux États-Unis, le marché des véhicules électriques subit les conséquences du retrait des crédits d’impôt fédéraux et de l’assouplissement des normes CAFE (Corporate Average Fuel Economy), et les prévisionnistes s’attendent à une baisse des ventes de véhicules électriques de 29 % en 2026[11].
En Chine, les véhicules électriques seront soumis à une taxe d’achat pour la première fois en 2026, avec le taux d’exonération précédent de 100 % qui passera à 50 %.
Malgré ces obstacles, le passage mondial à l’automobile durable semble une voie à sens unique. La pénétration des véhicules électriques dans le monde continuera d’être stimulée par la hausse des exportations chinoises. À elle seule, BYD a plus que doublé son nombre d’unités expédiées à l’étranger en 2025 (de 0,4 million à 1 million)[12]. Même avec la législation mixte d’aujourd’hui, on estime que la proportion des ventes de véhicules électriques devrait dépasser 40 % d’ici à la fin de la décennie[13].
Des prix compétitifs permettront aux véhicules à batterie d’obtenir une énorme part de marché de 80 % en Chine d’ici à 2030, l’Europe suivant de près avec 60 %[14]. Avec un solide soutien politique déjà en place, les véhicules électriques représenteront une vente sur quatre en Asie du Sud-Est à la même date, ou une sur trois dans le cas des deux et trois roues, très répandus dans cette région.
Qu’en est-il du Moyen-Orient ? Bien que partant d’un niveau relativement bas, le Moyen-Orient est l’une des régions du monde qui connait la croissance la plus rapide pour les véhicules électriques. La pénétration des VE dans les territoires du Conseil de Coopération des pays du Golfe (GCC) a doublé pour passer de 2 % à 4 % en l’espace de seulement 12 mois, car les gouvernements se sont fixés de nouveaux objectifs écologiques ambitieux et ont investi massivement dans des infrastructures[15]. En Arabie saoudite, où les ventes de véhicules électriques ont été multipliées par dix en 2024, l’industrie devrait atteindre un TCAC de 37,5 % d’ici à 2030, grâce aux mandats d’électrification de flotte et aux investissements publics et privés à grande échelle[16],[17]. Les activités de mobilité durable d’Abdul Latif Jameel s’étendent désormais à de nombreux pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Australie, et se sont récemment développées sur des marchés émergents tels que la Pologne, l’Italie et l’Afrique du Sud.
Mais pour que cet avenir soit aussi « électrisant », les automobilistes ont besoin de nombreuses possibilités de recharger facilement leurs véhicules. Heureusement, une infrastructure de charge complète commence déjà à apparaitre dans le monde entier.
Les infrastructures peuvent-elles suivre le rythme face à la montée en puissance des véhicules électriques ?
S’il y a bien une chose susceptible de faire dérailler une révolution durable des véhicules électriques, c’est le désagrément pour le consommateur, la crainte des automobilistes de se retrouver en panne de batterie. Des études montrent qu’un manque perçu de stations de recharge est un des principaux obstacles à l’adoption plus généralisée des véhicules électriques[18]. Ainsi, le monde connait une expansion spectaculaire des réseaux de recharge de véhicules électriques. À l’échelle mondiale, le nombre de bornes de recharge publiques a doublé depuis 2022 pour atteindre plus de 5 millions d’unités en 2025[19].
Rien qu’en 2024, plus de 1,3 million de nouveaux points de recharge ont été ajoutés dans le monde, soit une augmentation de 30 % en glissement annuel. Deux tiers de cette croissance ont eu lieu en Chine, où l’on trouve désormais 65 % des installations de recharge mondiales[20].

En Europe, le constat est similaire, avec le nouveau règlement de l’UE sur les infrastructures de carburants alternatifs (AFIR) qui exige l’installation de stations de charge rapide tous les 60 km sur le réseau routier européen TEN-T du continent Les stations de recharge doivent offrir une puissance d’au moins 400 kW, qui passera à 600 kW d’ici à 2027.
Le parc de recharge des États-Unis a augmenté de 20 % en 2024 pour atteindre plus de 200 000 points de charge accessibles au public, même si un décret de janvier 2025 a suspendu le déblocage de fonds supplémentaires en attendant un réexamen de la politique. L’Inde se montre plus progressiste, allouant une nouvelle enveloppe de 240 millions USD dans le cadre de l’initiative PM-EDRIVE afin de renforcer davantage l’infrastructure de recharge dans les villes et les principaux axes de transport.
Globalement, le nombre de bornes de recharge publiques dans le monde devrait dépasser le seuil de 15 millions d’ici à 2030, et de 25 millions d’ici à 2035[21].
Dans ce nouveau paradigme de mobilité, ce ne sont pas seulement les personnes qui ont besoin d’aller de A à B, mais aussi les biens et les matériaux nécessaires à notre mode de vie du 21e siècle, axé sur la technologie. La mobilité durable signifie également une logistique plus écologique.
Le transport durable est-il la solution pour une logistique plus propre ?
Le marché mondial de la logistique est passé de 9 980 milliards USD en 2024 à 11 230 milliards USD en 2025, et il devrait dépasser 18 200 milliards USD d’ici à 2028, ce qui indique une croissance rapide du commerce international[22]. L’Asie-Pacifique est apparue comme le plus grand marché unique en 2025, avec 44,59 % de la logistique concentrée dans la région. Les routes continuent d’être la méthode de transport la plus utilisée et assurent 39 % du trafic de marchandises.

En tant que consommateurs, nous voulons toujours plus de produits, nous ne nous soucions guère du lieu où ils sont fabriqués et expédiés, et nous voulons les recevoir plus vite que jamais. La mobilité logistique devient aussi importante que la mobilité humaine pour rendre la société moderne plus écologique.
Encore une fois, c’est l’électrification qui devrait sauver la mise. Les ventes de camions électriques ont augmenté de 80 % en 2024, tandis que le nombre de modèles disponibles est passé de moins de 70 à plus de 400 en seulement cinq ans[23]. Bien que le coût d’achat des camions électriques reste plus élevé que celui de leurs équivalents à combustibles fossiles, le coût total de possession est désormais inférieur pour de nombreux modèles en Chine, et devrait être sur un pied d’égalité en Europe et aux États-Unis d’ici à la fin de la décennie.
Le transport de marchandises lourdes peut être difficile à électrifier sur le plan économique, c’est pourquoi le fret routier est à l’avant-garde de l’une des solutions les plus prometteuses pour une mobilité plus écologique : l’énergie hydrogène. Le marché des camions à hydrogène a atteint une valeur record de 3 milliards USD en 2025 et devrait représenter 16,2 milliards USD d’ici à 2030[24]. Cette technologie utilise des piles à combustible à hydrogène pour alimenter les moteurs électriques, produisant uniquement de la vapeur d’eau comme sous-produit et réduisant considérablement les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux camions diesel conventionnels.
De même, l’hydrogène offre des promesses d’options plus écologiques pour la mobilité personnelle : Saluons l’arrivée des nouveaux bus alimentés à l’hydrogène. Le marché mondial des bus à hydrogène, d’une valeur d’environ 1,68 milliard USD en 2024, devrait monter en flèche pour atteindre 13,21 milliards USD d’ici à 2032, alors que davantage de législateurs encouragent des initiatives visant à purifier l’air dans les environnements urbains[25]. Le soutien du secteur privé est crucial pour l’adoption généralisée. Abdul Latif Jameel Motors, par exemple, a uni ses forces à celles de Toyota Motor Corporation en 2025 pour mener un essai révolutionnaire de bus hydrogène à pile à combustible à La Mecque, en Arabie saoudite. L’essai a démontré le potentiel technique des bus alimentés à l’hydrogène, capables de rouler 400 km après seulement 10 minutes de ravitaillement.
Mais l’hydrogène ne se limite pas aux camions et aux bus, malgré sa nette aptitude à rendre les gros moyens de transport plus écologiques. Les cellules d’hydrogène sont au cœur de plusieurs voitures concepts dernier cri, ce qui suggère que cette technologie révolutionnaire a également un avenir dans le monde de la logistique familiale.
Quel que soit le type de véhicule que vous avez en tête, une question, impensable il y a encore quelques années, s’impose : Voulez-vous que des mains humaines soient au volant, ou préférez-vous déléguer cette tâche à un système automatisé ?
Les conducteurs humains sont-ils remplacés par des véhicules autonomes ?
Avant, les véhicules autonomes (VA) relevaient du domaine de la science-fiction. Aujourd’hui, cependant, ce concept futuriste devient une réalité grâce à une gamme de nouvelles voitures pilotées par l’IA offrant divers degrés d’indépendance dans leur fonctionnement au quotidien.
Qu’entendons-nous par véhicules autonomes ? Le passage des véhicules traditionnels contrôlés par l’homme aux véhicules entièrement autonomes comporte plusieurs étapes. Pour faire simple, l’automatisation est généralement classée sur une échelle à six niveaux, du niveau 0, où le conducteur fait tout, au niveau 5, qui ne nécessite aucune intervention humaine. Une voiture de niveau 1 peut comporter un seul système automatisé, tandis qu’une voiture de niveau 2 peut être partiellement automatisée au niveau de la direction et de l’accélération. Au niveau 3, le véhicule se conduit lui-même une partie du temps, mais le conducteur doit reprendre le contrôle si le véhicule le demande. Au niveau 4, le véhicule se conduit tout seul en permanence dans des conditions optimales.

Les fabricants progressent rapidement dans toutes ces étapes. Bien qu’un monde sans aucun conducteur, avec uniquement des véhicules de niveau 5, soit encore loin, de plus en plus d’avancées ont lieu tous les ans dans les niveaux inférieurs, notamment[26] :
- la mise sur le marché des premiers véhicules de niveau 3
- plus de 700 000 trajets autonomes en robotaxi par semaine dans le cadre de programmes pilotes dans le monde
- les premières démonstrations de camions autonomes, sans conducteur.
En ce qui concerne les véhicules emblématiques, BMW est devenue le premier fabricant à obtenir l’approbation pour un système combiné de niveau 2 (Assistant Autoroute) et de niveau 3 (Pilote Personnel) sur sa BMW Série 7[27]. Sa technologie de contrôle de la direction et de la trajectoire fonctionne sur les autoroutes à chaussées séparées et permet au conducteur de retirer ses mains du volant tout en gardant son attention sur la route. Cependant, dans les embouteillages ou les scénarios à faible vitesse, la voiture peut gérer toutes ses propres fonctions, ce qui permet au conducteur de regarder des vidéos en streaming ou d’utiliser son téléphone portable.
Pour ne pas être en reste, les régulateurs chinois ont accordé une autorisation de niveau 3 à deux berlines électriques produites par les constructeurs automobiles rattachés au gouvernement Changan Auto et BAIC Motor[28]. Ces deux modèles peuvent passer à la conduite autonome dans certains districts de Beijing et Chongqing avec des limitations de vitesse respectives de 80 km/h et 50 km/h.
L’accélération de la technologie de VA est un phénomène mondial. À ce jour, l’Europe a donné son feu vert à plus de 35 programmes pilotes VA. Les États-Unis et la Chine collectent déjà des données de centaines de milliers de trajets hebdomadaires en VA via des services de VTC[29].
Les progrès sont rapides, et un paysage dominé par les VA pourrait arriver plus tôt que prévu. En effet, le déploiement généralisé des robotaxis est prévu d’ici à la fin de la décennie. Peu de temps après, peut-être d’ici à 2032, nous pourrions avoir des programmes pilotes urbains de niveau 4 pour les voitures particulières, les véhicules de niveau 2 devenant grand public d’ici à 2035. À peu près au même moment, des camions entièrement automatisés pourraient commencer des opérations commerciales dans certains endroits du monde. La Chine et les États-Unis devraient être en première ligne de la révolution des véhicules autonomes, avec l’Europe et le reste de l’Asie juste derrière.

La confiance dans la technologie reste élevée, même si les experts ont identifié des obstacles potentiels qui pourraient freiner cet essor : Un manque de financement pour la recherche de pointe ; le coût élevé du développement et de la certification ; des prix prohibitifs pour les premiers utilisateurs potentiels ; et des obstacles encore imprévus dans les avancées de l’IA.
Privilégier la valeur pour le client sera essentiel pour les ventes de masse, mais la sécurité aussi car les accidents impliquant des véhicules autonomes attirent une attention médiatique disproportionnée.
Quel rôle joue l’IA dans l’avenir de la mobilité ?
À bien des égards, l’avenir des VA est lié à celui de l’intelligence artificielle, car cette « intelligence » est cruciale pour supprimer le facteur humain dans l’automobile. L’IA renforcera la polyvalence des véhicules définis par logiciel (SDV), avec des fonctionnalités telles que les mises à jour sans fil, une connectivité améliorée dans les villes intelligentes et une interprétation en temps réel des environnements urbains dynamiques.
Et d’ailleurs, l’IA représente une activité importante pour les OEM. Le marché mondial des logiciels et de l’électronique automobiles devrait croître de 4,5 % chaque année et atteindre 519 milliards de dollars d’ici à 2035, date à laquelle jusqu’à 70 % des nouveaux véhicules seront équipés de systèmes d’assistance à la conduite avancés[30].
Un petit bémol cependant : si notre mobilité personnelle devient de plus en plus dépendante du numérique, comment préserver la confidentialité de nos données ? Une enquête de 2024 a montré que la cybersécurité est une préoccupation majeure pour tous les acteurs du secteur, citant les nombreux clients qui s’opposent à ce que leurs communications personnelles soient stockées dans le cloud[31].
Tout n’est cependant pas perdu, car des solutions potentielles se profilent à l’horizon. Les craintes liées à la sécurité des données pourraient orienter les OEM vers la technologie dite « Edge AI », l’IA fonctionnant de manière isolée sur des appareils localisés plutôt que d’être envoyées pour un traitement centralisé, même si cela peut légèrement impacter les performances
Avec tant d’éléments de l’industrie en transition, nous devons nous préparer non seulement à une transformation du concept de mobilité au niveau technologique, mais aussi psychologique.
La mobilité en tant que service pourrait-elle changer notre façon d’envisager les transports ?
Depuis des décennies, beaucoup de gens se sont habitués à posséder les véhicules dont nous dépendons dans notre vie quotidienne. Ils sont garés dans nos allées, ou dans les rues devant nos maisons et attendent que nous ayons besoin de les utiliser. Mais est-ce vraiment le modèle le plus efficace pour la mobilité personnelle ?
De plus en plus d’options alternatives sont disponibles.
Imaginez avoir toute une gamme d’options de transport connectées à portée de main – trottinettes électriques, taxis, VTC, véhicules communs partagés et autobus – avec une seule application qui vous permet d’organiser votre trajet complet de porte à porte. C’est la promesse de la mobilité en tant que service, ou « MaaS », un écosystème interconnecté de solutions de mobilité qui pourrait transformer nos villes et révolutionner la relation entre la société civile et le transport. Plus besoin de posséder une voiture. Vous pourriez simplement en appeler une via votre smartphone en cas de besoin. Les avantages potentiels sont évidents : Moins de trajets inutiles, une réduction des émissions de carbone, moins de congestion dans les villes encombrées et des économies potentielles pour les consommateurs.
La MaaS fait l’objet de discussions depuis longtemps, mais dans plusieurs cas, nous commençons à le voir aller au-delà de la théorie pour offrir des scénarios concrets. Ces dernières années, des agrégateurs MaaS tiers ont émergé, qui compilent des données provenant de plusieurs sources de transport et permettent aux utilisateurs de personnaliser leurs voyages, avec des applications comme Transit, TripGo et Citymapper.
Jelbi, lancée à Berlin en 2019, a ouvert la voie en unifiant diverses options de transport (transports publics, covoiturage, vélos électriques, taxis, scooters et plus encore) dans 230 pôles de mobilité. Elle a été téléchargée plus de 800 000 fois au cours de ses cinq premières années et a permis de doubler le nombre de clients de Berliner Verkehrsbetriebe, la plus grande entreprise de transport public d’Allemagne[32], [33]. En 2023, Berlin a été classée comme l’une des principales villes intelligentes d’Europe, en grande partie pour ses efforts MaaS avec Jelbi.
Grab, en Asie du Sud-Est, est l’une des nouvelles « super-applis », qui propose des livraisons de colis et de nourriture ainsi que des services de mobilité personnelle. Véritable succès fulgurant, Grab compte environ 42 millions d’utilisateurs mensuels et 3,5 milliards de transactions annuelles dans huit pays : Cambodge, Indonésie, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam[34], [35]. Grab se tourne de plus en plus vers l’autonomie et l’IA, et a annoncé en 2025 un partenariat pluriannuel avec la société technologique américaine May Mobility en vue de lancer des services de véhicules autonomes en Asie du Sud-Est[36].
Le marché mondial du MaaS devrait passer de 328,98 milliards de dollars US en 2025 à 716,3 milliards de dollars US d’ici à 2031. Cet essor sera alimenté par le déploiement de la technologie 5G, une urbanisation accrue, la prolifération continue des smartphones et une plus grande sensibilisation aux problèmes environnementaux[37].
À mesure que le MaaS mûrit, nous pourrions même voir des modes de transport urbain de niche actuels prendre leur envol, comme les taxis aériens par exemple. Joby Aviation, une entreprise californienne dans laquelle la famille Jameel, par le biais de sa branche d’investissement en capital-risque JIMCO, a été un investisseur majeur dès le début, a récemment annoncé son intention de doubler sa capacité de production aux États-Unis et de développer 25 vertiports dans différentes villes américaines. En partenariat avec Abdul Latif Jameel, Joby Aviation explore également des options pour livrer jusqu’à 200 avions électriques à l’Arabie saoudite au cours des prochaines années, ce qui représente un contrat de 1 milliard USD.
Le marché des taxis aériens, estimé à 4,47 milliards de dollars US en 2026, devrait atteindre 10,56 milliards de dollars US d’ici à 2031[38]. Alors que les taxis aériens pilotés détiennent actuellement 60 % du marché, les véhicules autonomes devraient connaître la croissance la plus rapide, avec un TCAC d’environ 24 % jusqu’à la fin de la décennie.
« Les gens envisagent la mobilité de manière totalement nouvelle », déclare Fady Jameel, vice-président, International, Abdul Latif Jameel. « Ils pensent à la vitesse. Au côté pratique. À l’économie Et à l’environnement. Ces changements de mentalité, complétés par des révolutions technologiques tels que l’énergie verte, les villes intelligentes et l’IA, devraient transformer rapidement et irréversiblement le paysage des transports autour de nous. De nouveaux marchés émergent, d’anciennes hypothèses s’estompent, et nous devons tous nous préparer pour ce marché de la mobilité nouvelle génération ».
Mobilité : Cinq questions clés
- Quel pays est en tête de la production mondiale de véhicules ?
La Chine produit environ 40 % des véhicules dans le monde, dont 31 millions rien qu’en 2024. - Les véhicules électriques sont-ils aujourd’hui largement répandus ?
Environ 20,7 millions de véhicules électriques ont été vendus en 2025. Cela représente un véhicule neuf sur quatre dans le monde, dont près de la moitié en Chine. - Les infrastructures de recharge des véhicules électriques se développent-elles suffisamment rapidement ?
Dans l’ensemble, oui. Les bornes de recharge publiques ont doublé depuis 2022, dépassant les 5 millions dans le monde, dont 65 % en Chine. - À quelle vitesse la logistique écologique se développe-t-elle ?
Le marché de la logistique se développe rapidement. Il a atteint 11,23 billions de dollars US en 2025, et les ventes de camions électriques ont augmenté de 80 % en 2024. - Les véhicules autonomes sont-ils déjà utilisés ?
Oui. Plus de 700 000 trajets autonomes en robotaxi ont désormais lieu chaque semaine dans le monde, avec des déploiements plus larges prévus avant 2030.
[1] https://www.iea.org/news/changes-in-global-car-industry-raise-key-questions-for-economies-and-energy-sector
[2] https://www.icaew.com/library/industry-profiles/automotive-manufacturing
[3] https://www.iea.org/news/changes-in-global-car-industry-raise-key-questions-for-economies-and-energy-sector
[4] https://www.pwc.com/ph/en/publications/2025/autofacts-market-update-september-2025.pdf
[5] https://carnewschina.com/2026/01/01/overachievers-and-underperformers-chinese-car-manufacturers-2025-sales-results-revealed/
[6] https://www.visualcapitalist.com/ranked-the-worlds-best-selling-car-brands/
[7] https://www.bloomberg.com/graphics/2025-china-ev-byd-global-price-cuts/
[8] https://rhomotion.com/news/global-ev-sales-reach-20-7-million-units-in-2025-growing-by-20/
[9] https://www.iea.org/news/more-than-1-in-4-cars-sold-worldwide-this-year-is-set-to-be-electric-as-ev-sales-continue-to-grow
[10] https://www.theguardian.com/business/2025/dec/16/eu-water-down-landmark-ban-new-petrol-diesel-cars
[11] https://rhomotion.com/news/global-ev-sales-reach-20-7-million-units-in-2025-growing-by-20/
[12] https://rhomotion.com/news/global-ev-sales-reach-20-7-million-units-in-2025-growing-by-20/
[13] https://www.iea.org/reports/global-ev-outlook-2025/executive-summary
[14] https://media-publications.bcg.com/Winning-the-EV-Charging-Race.pdf
[15] https://www.rolandberger.com/en/Media/GCC-emerges-as-one-of-the-world-s-fastest-growing-EV-markets-with-penetration.html
[16] https://www.rolandberger.com/en/Media/GCC-emerges-as-one-of-the-world-s-fastest-growing-EV-markets-with-penetration.html
[17] https://www.nexdigm.com/market-research/report-store/ksa-electric-vehicle-market-report
[18] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2773153724000057
[19] https://iea.blob.core.windows.net/assets/7ea38b60-3033-42a6-9589-71134f4229f4/GlobalEVOutlook2025.pdf
[20] https://www.iea.org/reports/global-ev-outlook-2025/electric-vehicle-charging
[21] https://www.iea.org/reports/global-ev-outlook-2024/outlook-for-electric-vehicle-charging-infrastructure
[22] https://www.precedenceresearch.com/logistics-market
[23] https://www.iea.org/reports/global-ev-outlook-2025/executive-summary
[24] https://www.businesswire.com/news/home/20251006186714/en/Hydrogen-Trucks-Global-Markets-Report-2025-Revenue-Data-from-2024-Estimates-for-2025-Forecasts-for-2026-and-2029-and-CAGR-Projections-Through-2030—ResearchAndMarkets.com
[25] https://www.datamintelligence.com/research-report/hydrogen-bus-market
[26] https://www.mckinsey.com/features/mckinsey-center-for-future-mobility/our-insights/future-of-autonomous-vehicles-industry
[27] https://www.press.bmwgroup.com/global/article/detail/T0443285EN/road-to-autonomous-driving:-bmw-is-the-first-car-manufacturer-to-receive-approval-for-the-combination-of-level-2-and-level-3?language=en
[28] https://www.reuters.com/world/asia-pacific/china-approves-first-batch-l3-autonomous-driving-vehicles-2025-12-15/
[29] https://www.mckinsey.com/features/mckinsey-center-for-future-mobility/our-insights/future-of-autonomous-vehicles-industry
[30] https://www.mckinsey.com/features/mckinsey-center-for-future-mobility/our-insights/mapping-the-automotive-software-and-electronics-landscape
[31] https://www.mckinsey.com/industries/semiconductors/our-insights/the-rise-of-edge-ai-in-automotive
[32] https://www.trafi.com/post/bvg-jelbi-5-years
[33] https://batch.com/blog/posts/crm-strategy-berliner-verkehrsbetriebe-bvg
[34] https://investors.grab.com/news-and-events/news-details/2025/May-Mobility-to-Expand-Its-AV-Technology-into-Southeast-Asia-with-Grab-Investment-2025-yk4Z3TwkNG/default.aspx
[35] https://openai.com/index/grab/
[36] https://www.grab.com/sg/press/others/may-mobility-to-expand-its-av-technology-into-southeast-asia-with-grab-investment/
[37] https://www.mordorintelligence.com/industry-reports/mobility-as-a-service-market
[38] https://www.mordorintelligence.com/industry-reports/air-taxi-market
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